La population du royaume d’Aksoum regroupait, dans la région centrale, des ethnies Habasha (Abyssins), parlant des langues sémitiques ; aussi bien que des ethnies couchitiques, dans les périphéries.

Source : instagram j316photographic
Certes les peuples tributaires du royaume étaient soumis à Aksoum, néanmoins ils étaient laissés sous le contrôle des chefs locaux. Ainsi, ceux qui ne se trouvaient pas à proximité immédiate de la capitale réussirent à relativement préserver leur propre système social.
En outre, des récits nous apprennent qu’il existait également la déportation des peuples rebelles ; sous le règne d’Ezana, 4400 Bedja (ethnie couchitique) furent déplacés dans la province de Bégemder (ou Gondar).
L’économie de l’empire reposait essentiellement sur l’agriculture et le pastoralisme ; sa position géographique privilégiée lui donnait accès à une variété de ressources pouvant être exploitées.
Les ressources agricoles étaient fonction des précipitations et de la qualité des sols, qui à cette époque étaient beaucoup plus riches que présentement.
En dépit du déclin des liens commerciaux avec l’empire romain/byzantin via la mer Rouge, l’Ethiopie restait un Etat relativement prospère et puissant, comme en témoignent des auteurs Arabes qui désignaient la monarchie sous le nom de royaume du Najashi.
L’exploitation des ressources minérales semblait être également un autre pan de l’économie. En effet ; les Aksoumites pratiquaient le commerce de l’or (ce dernier provenant du Soudan ou de certaines régions du sud de l’Éthiopie), du minerai de fer (région du Tigré), de l’argent, du plomb et de l’étain. Le développement d’industries locales a fortement participé à l’opulence du royaume. Parmi les plus impressionnantes, on peut énumérer premièrement la poterie, un grand nombre de marchandises de luxe étaient produites, soigneusement décorées avec des motifs incisés ou estampés, peints ou brunis. La découverte de récipients typiques en faïence semble suggérer une industrie du verre, et enfin, le coton provenait de Méroé qui était sous contrôle aksoumite.

Axumite Jar
Source : A. Darvey Flickr

Source : ethiopedia.blogspot.com
Le système monétaire du royaume qui a duré du IIIe au VIIe siècle de notre ère, alimentait aussi bien le marché extérieur que le marché interne.
Le déclin monétaire aurait été graduel, et résulterait des défaites militaires aksoumites. En tout état de cause, la rupture des liens commerciaux qui avaient donné l’impulsion originale à la monnaie, et l’instabilité dans les affaires intérieures du pays, ont par ailleurs mis fin à la longue expérience du système monétaire d’Aksoum, quelques décennies après 600 après JC.
L’établissement militaire était sans aucun doute l’une des principales institutions de la monarchie aksoumite et, en tant que tel, lui était étroitement associé. Le roi lui-même était le commandant en chef, des membres de la famille royale étaient fréquemment chargés de campagnes militaires.
Le caractère semi-sacré de la monarchie peut avoir été l’un des fondements de sa domination, sans compter que le contrôle de son bras militaire par les membres de la famille régnante fut également une source de force et de sécurité.

Source : africaiswoke.com
La structure du pouvoir était celle d’une monarchie absolue, avec une forme de royauté impliquant un dirigeant semi-divin, une famille royale conservant des postes militaires et administratifs stratégiques. À l’échelon inférieur se trouvaient des gouverneurs (ou chefs provinciaux) et des vice-rois.
Les États sous contrôle aksoumite devaient s’acquitter de tribut, les cas de refus étaient considérés comme des actes de rébellion et donc par conséquent, comme une déclaration de guerre contre le Negusa Nagast.
Au fur et à mesure de son expansion, l’empire a développé des relations diplomatiques avec de nombreux pays étrangers, l’envoi d’ambassadeurs était très fréquent.
Au Ve siècle, le christianisme était certes religion d’Etat, néanmoins l’évangélisation de la population fut accélérée par l’arrivée des missionnaires appelés « les Neuf saints » (Syriens).
Les rites de l’Église éthiopienne contiennent encore de nos jours des caractéristiques originales, influencées par la période pré-aksoumite et le judaïsme.

Eglise Saint Georges à Lalibela
Source : Bernard Gagnon
Source : getty images

Bete Abba Libanos, Lalibela, Éthiopie
Source : Bernard Gagnon

Peinture murale Monastère Ura Kidhane Mihret
Source : afar.com

Source : instagram ethiopia_orthodox

Source : instagram ethiopia_orthodox

Source : instagram ethiopia_orthodox
La langue du royaume d’Aksoum était le Guèze, une langue chamito-sémitique, selon l’encyclopédie Larousse une langue chamito-sémitique « Se dit d’une famille de langues dont le domaine s’étend sur le nord de l’Afrique et le sud-ouest de l’Asie. (Synonyme : afro-asiatique.). Le chamito-sémitique, qui concerne environ 200 millions de locuteurs, est la famille de langues qui a laissé les traces écrites les plus anciennes (inscriptions égyptiennes du IVe millénaire avant J.-C.). Il comprend cinq groupes : 1° le sémitique, qui regroupe l’akkadien, le cananéen (moabite, ougaritique, phénicien, araméen, hébreu), l’arabe et les langues éthiopiennes ; 2° l’égyptien, qui a survécu dans le copte ; 3° le berbère ; 4° le couchitique de Somalie et d’Éthiopie ; 5° les langues tchadiennes, représentées surtout par l’haoussa. ».
Désormais langue morte, son utilisation sert pour les rituels traditionnels de l’Église orthodoxe éthiopienne et dans certaines circonstances particulières, telle que la poésie.
De la littérature aksoumite, nous n’avons pas assez de documentation, néanmoins, entre le Ve et le VIIe siècles, la Bible et d’autres œuvres ont commencé à être traduites en Guèze (dans certains cas par des locuteurs syriens / araméens, suppléant ainsi certains mots au vocabulaire guèze).
Bibliographie :
Munro-Hay (Stuart), Aksum : A Civilization of Late Antiquity, Edinburgh : University Press. 1991



