Index Royaume Zulu quelques aspects socioculturels

Les clans Zulus constituent la fondation de l’organisation sociale. Ils comprennent plusieurs foyers patrilinéaires, chaque ménage ayant des droits dans ses propres champs et sur ses troupeaux, tout ceci sous l’autorité domestique de l’aîné.

La figure paternelle est si importante que la société Zulu peut être considérée comme étant patriarcale.

La polygynie est pratiquée ; les épouses d’un homme sont classées selon l’ancienneté, la hiérarchie place la « grande épouse » au sommet, c’est la mère de l’héritier.

Le lévirat, dans lequel une veuve doit vivre avec le frère d’un mari décédé, et ainsi continuer à porter des enfants au nom du mari mort, est également pratiqué.


Source : seemit.com

Source : Instagram bontlebride

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Lorsque Shaka forma la nation Zulu, de nombreux chefs étaient mariés à des femmes du clan royal ou étaient des parents royaux installés pour remplacer les chefs de clan dissidents.

Le roi se fiait à des conseillers confidentiels ; les chefs et sous-commissaires formaient un Conseil qui l’avisait sur des questions administratives et judiciaires.

Les garçons de cette société hautement militarisée sont initiés dès l’adolescence à l’armée. Des tranches d’âge sont constituées en unités, et chaque unité de l’armée stationnait loin des habitations, à la caserne royale sous le contrôle direct du roi. Formés en régiments (impi), ces hommes ne pouvaient se marier que lorsque le roi leur en donnait la permission.

La religion traditionnelle Zulu était basée sur le culte des ancêtres et sur les croyances en un Dieu créateur.

Le roi était responsable de toute la magie nationale et de la pluie ; les rites accomplis par le roi au nom de toute la nation (à la saison des plantations, en guerre, sécheresse ou famine) étaient centrés sur les ancêtres de la lignée royale.

En outre, Shaka recourut à la violence pour neutraliser le pouvoir des sorciers Zulus afin d’être le seul à conserver le monopole des pratiques mystiques.

Néanmoins, le régime autoritaire de Shaka reposait principalement sur un délicat système de pouvoirs délégués.

Shaka était assisté par un état-major de chefs qui l’entouraient dans le kraal royal (un ensemble d’habitations autour de la résidence du roi qui était située au centre).

Bien que Shaka ait besoin des chefs pour exécuter sa volonté, il prit soin de limiter leurs pouvoirs effectifs, puis de susciter la rivalité entre eux, afin qu’ils se contrôlent mutuellement mais ne contestent jamais son autorité.

Bien que les saccages de l’armée de Shaka se soient limités à la zone côtière, ils ont conduit, avec les invasions coloniales, à la Mfecane (« écrasement ») qui a dévasté le plateau intérieur au début des années 1820.

Les clans qui fuyaient d’une part la férocité Zulu, et d’autre part l’esclavagisme et les spoliations des colons ; cherchaient des terres, se retrouvèrent dans un cycle de guerres et de famine.

La Mfecane profita à l’avancée des colons. Il s’agit du « Grand Trek », la migration vers les plateaux intérieurs des Boers, en rébellion contre la colonie britannique du Cap.

Les Boers rappelons-le sont les aïeuls des Afrikaners ; ce sont des descendants de colons néerlandais, allemands ou huguenots, qui s’installèrent à la fin du XVIIe siècle dans la péninsule du Cap, d’où ils pratiquaient l’esclavage et l’exploitation des terres.

Les Boers, désireux d’avoir accès à la mer, vont tenter l’invasion des territoires zulus. S’ensuivirent de nombreux affrontements sanglants, la confrontation finale eut lieu le 16 décembre 1838 dans la région du Natal, aux abords de la Blood River (ou Ncome River), bataille au cours de laquelle les Zulus seront défaits.


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Bibliographie

A.T Bryant, History of the Zulu & neighbouring tribes, 1964, Cape Town : C. Struik

Thomas Mofolo, Chaka, 1925, édition Gallimard 2010

Tidiane N’Diaye, L’Empire de Chaka Zoulou, L’Harmattan, 2002

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