Cet article sera différent des précédents, car nous ne traiterons pas d’un seul et unique royaume, mais bien de 6 prestigieuses civilisations qui virent le jour au Nigeria.

En effet, l’Histoire du Nigeria s’agence de sorte que nombreux Empires ne cessèrent d’émerger du Nord au Sud, sur une période allant du néolithique au XIXe siècle ; favorisant ainsi un habile métissage ethnique et le développement de brillantes cultures.
La plus ancienne de ces sociétés fut la Civilisation de Nok, s’étendant du neuvième siècle avant notre ère au VIIIe siècle après J.-C, situé sur le plateau du Bauchi (plateau de Jos). À partir du XIe siècle, au-delà de ce fameux plateau, dans les plaines du Nord, le peuple Haoussa développait un certain nombre d’États centralisés et organisés (nous traiterons de ces royaumes du Nord dans le chapitre sur l’Empire Kanem-Bornou).
Dans le Sud, régnaient les Cités- États yorubas d’Ife et d’Oyo et l’empire Edo-Yoruba de Bénin à l’ouest ; tandis que les Confédérations Igbo et les Cités- États du delta s’affirmaient à l’est.

ÂGE DU FER : LA CIVILISATION DE NOK
La civilisation de Nok vit le jour vers l’an 1000 av J.-C ; étendue sur une aire d’environ 500 kilomètres au nord du confluent du Niger et de la Bénoué, près du plateau de Jos.

Nok Culture
Peter Breunig & Nicole Rupp
À l’origine, les dates au radiocarboneet à la thermoluminescence ont fixé la période de la culture Nok entre 500 av J.-C et 200 de notre ère. Un début et une fin un peu plus tôt (début vers 800 av J.-C) ont ensuite été suggérés par des datations au radiocarbone sur le charbon de bois de l’intérieur des figurines en terre cuite de Nok (figurines détenues par les musées européens).
La datation des objets Nok continue d’être repoussée au fur et à mesure que les objets sont testés, maintenant avec des dates précoces s’étendant du IXe siècle avant notre ère au VIIIe siècle après J.-C. Bon nombre des découvertes faites dans les sondages archéologiques ont été trouvées à proximité de sites de fonte de fer qui datent au moins du Ve siècle av J.-C.
La Civilisation de Nok était organisée et sophistiquée ; en sus d’une maîtrise évidente de la métallurgie du fer, l’économie était fondée sur une activité agricole importante et la pratique de l’élevage, d’un art de la céramique et des sculptures en terre cuite de tailles très variables.
À l’époque, on savait peu de choses sur la culture Nok à part leurs sculptures et leur connaissance évidente de la métallurgie du fer.
Toutefois, la culture Nok se présentait comme une société complexe tripartite ; une première période fut initiée par une importante activité agricole au milieu du deuxième millénaire avant J.-C, menant à une période florissante entre 900 avant J.-C et 400 après J.-C avec une occupation dense, un art de la terre cuite élaboré et l’avènement de métallurgie du fer, suivie de son déclin soudain et de sa disparition définitive au cours des premiers siècles de notre ère. La disparition de Nok au tournant des époques fut très probablement liée à des changements environnementaux défavorables.
Le niveau sophistiqué d’expression artistique de Nok révèle une société organisée dans laquelle l’art était un élément essentiel des sanctuaires, représentait les insignes de la royauté, ainsi que le système de valeurs et de croyances. La plupart des personnages Nok, hommes et femmes, représentaient des dirigeants politiques importants. D’autres sujets sculpturaux de Nok incluaient des maladies et des animaux tels que des singes, des chauves-souris, des félins, des éléphants, des serpents et parfois des béliers. La découverte de sculptures délibérément brisées et l’enterrement de leurs fragments suggéraient un contexte rituel par ailleurs rarement trouvé.


L’exploration des sites voisins suppose une forte densité de population comme condition préalable à la complexité sociale. En outre, une intensification de la production agricole basée sur la culture du mil a été attestée, réalisée à travers des projets de coopération et coordonnée par une organisation centralisée.
L’espace culturel Nok était également structuré par des échanges comme en témoigne la diffusion de ses figures dans toute la région au sud du plateau de Jos, couvrant le sud de l’État de Kaduna jusqu’au sud-est de Katsina Ala, au sud de la rivière Bénoué. Lesdites figures étaient en cuivre et en bronze, confirmant un artisanat du fer et des armes. En outre, la sculpture sur bois et le travail du sel caractérisait aussi cet espace. Furent par ailleurs identifiés, des objets en fer tels que des haches et des anneaux miniatures, des scories de fer et des objets en pierre, en particulier des équipements de broyage et des haches en pierre broyée.
La filiation entre Nok et les royaumes ultérieurs du sud nigérian est renforcée par des découvertes faites à Abuja, à environ 300 kilomètres de Ilé-Ifè (Oyo State). On peut retracer les sculptures de bronze et les terres cuites qui valent sa renommée mondiale à Ife, au rayonnement de la civilisation de Nok.
LES CITÉS-ROYAUMES YORUBAS
ILE-IFE
Comme dit précédemment la Cité d’Ife (en yoruba Ilé-Ifẹ̀) semble dès le IXe siècle avoir été un centre de moyenne importance qui devient, entre les XIe et XIVe siècles, le siège d’une cour royale pleine de magnificence. C’est de cette époque que datent les sculptures de bronze et les terres cuites qui valent sa renommée mondiale à Ife.
Ife, qui a prospéré entre le XIe et le XVe siècle, est devenue une puissance majeure dans les zones forestières à l’ouest du Niger et au sud du pays haoussa. Certaines des caractéristiques de la culture yoruba ont émergé à cette époque : un système monarchique basé sur des Cités-États et des villages nucléés ; un panthéon de dieux, dont quelques-uns étaient largement reconnus, mais avec plusieurs variantes locales ; et la divination centrée sur la divinité Ifa, avec son corpus de chants sacrés. Ife est surtout connue pour ses pavés de tessons et pour le grand art de ses terres cuites et bronzes, en particulier le naturalisme de plusieurs de ses figures en bronze.



L’influence d’Ife sur les États environnants est évidente dans le fait que toutes les monarchies des États Yoruba revendiquent la descendance d’Ife comme moyen d’établir leur légitimité, empruntant parfois des insignes d’Ife à utiliser dans les rites de couronnement et parfois envoyant des restes de dirigeants décédés à Ife pour l’enterrement. Sans disparaître, les cités-royaumes yorubas se replient, ouvrant la voie à l’émergence de leurs rivales.
L’espace yoruba, qui déborde sur le Bénin voisin actuel, n’a jamais connu d’unité politique.
Les productions artistiques à Ife ou à Bénin attestent autant d’un registre partagé que de fortes spécificités locales, et ce à plusieurs siècles d’intervalle.


Bien que Benin City et Old Oyo (Katunga) soient devenus les sièges de royaumes politiques plus importants qu’Ife, la ville est restée le principal centre religieux des Yorubas. En échange de l’ida oranmiyan (« épée d’Oranmyan ») – un symbole d’autorité spirituelle nommé d’après un souverain historique du Bénin et d’Oyo et donné à un Alaafin (Alaafin ; « roi » d’Oyo lors de son couronnement), l’Alaafin devait promettre de ne pas attaquer Ife. Le chercheur Dr. R. E. Bradbury a suggéré que la montée du Bénin et d’Oyo a coïncidé avec le déclin d’Ife « en tant qu’empire politique efficace, bien qu’il ait conservé sa primauté en tant que métropole religieuse jusqu’à présent ».
LE ROYAUME DU BÉNIN
Comme annoncé précédemment, la royauté du Bénin est étroitement liée à Ife. Le premier roi (appelé Oba) du Bénin était selon la légende, un descendant d’Oduduwa, le fondateur d’Ife.
Initialement, le royaume du Bénin était un royaume Edo. La période dite « Ogiso » (de l’an 900 à 1170de notre ère) prit fin lorsque les Edos recoururent à l’Oba d’Ife afin de mettre un terme à l’instabilité politique de leur cité. Cette période reste obscure, car les souverains Ogisos sont connus par une tradition orale fortement marquée par l’influence yoruba ultérieure.
Néanmoins, relatons le récit mythique retenu.
Le peuple Edo, ayant constitué un royaume prospère connu sous le nom d’Igodomigodo dans les forêts tropicales d’Afrique de l’Ouest ; s’organisait en confédération de communautés autonomes et le souverain « Ogiso » (Roi du ciel), maître de la terre, était un ancien que ses pairs portaient à leur tête.
Vers le XIIe siècle, une grande bataille pour le pouvoir éclata entre le prince héritier Ekaladerhan (le fils unique du dernier Ogiso) et son jeune oncle paternel, qui aboutit à l’exil forcé du Dauphin.
Le prince en exil, qui avait alors changé son nom d’Ekaladerhan en Izoduwa (« J’ai choisi la voie de la prospérité »), séjourna à travers les forêts et trouva le chemin de l’Ile-Ife. Ekaladerhan arriva Ile-Ife à un moment où l’oracle Yoruba avait déclaré que leur roi sortirait de la forêt. Ainsi, lorsque Ekaladerhan atteignit Ile-Ife, il fut chaleureusement accueilli par les populations locales qui lui donnèrent le titre d’Ooni Ile-Ife Imadoduwa (maintenant connu sous le nom d’Ooni d’Ile-Ife Oduduwa).
Quand les anciens du Bénin, lassés de la déstabilisation de leur royaume, partirent à la recherche du prince banni Ekaladerhan afin qu’il accède au trône vacant, ce dernier en raison de son âge avancé et de ses nouvelles fonctions de monarque d’Ife, ordonna plutôt à l’un de ses 7 fils, Oranmiyan de lui succéder au Bénin.
L’arrivée de la dynastie yoruba depuis Ile-Ife date de 1170. La taille du royaume resta assez modeste jusqu’à la fin du XIVe siècle. Les oba n’ont consolidé leur imperium sur la région qu’à partir du XVe siècle sous les règnes d’Ewuare (vers 1440) et d’Ozolua (vers 1481).
Ce fut au XVe siècle, que le Bénin qui était devenu une Cité-État prospère, consolida son imperium sur la région.
La période que l’on peut considérer comme étant l’âge d’or de l’Empire débuta sous le règne de l’Oba (titre désignant le souverain) Ewuare le Grand (1440-1473).
Ewuare le Grand et ses successeurs formèrent une lignée d’obas forts, sous leurs règnes consécutifs, le Bénin devint un État hautement organisé.
Les Obas, également chefs religieux, établirent une civilisation de type urbain, comme dans les autres Etats yoruba, entretenant des relations commerciales considérables avec les royaumes Haoussas du Nord, ainsi que l’Empire d’Oyo.
Grâce à des rois conquérants, à son apogée le royaume s’étend de Lagos à Bonny et contrôle la majeure partie de la côte.
Les nombreux artisans s’organisèrent en corporations et le royaume devint célèbre pour ses sculpteurs d’ivoire et de bois. Ses forgerons de laiton et ses fondeurs de bronze excellaient dans la fabrication de têtes naturalistes, de bas-reliefs et d’autres sculptures.
Les exemples les plus distinctifs de l’artisanat béninois sont les plaques de bronze qui ornaient les murs du palais. Comme dans l’œuvre d’art d’Ife, les artisans du Bénin ont réalisé des têtes en bronze et en cuivre célébrant le pouvoir de l’Oba.

Oba Ewuare, dit Ewuare Le Grand, fut un bâtisseur d’empire.
On se souvient de lui comme d’un souverain exceptionnel non seulement pour ses conquêtes et l’étendue de ses contacts avec le vaste monde ; mais également, car il a amorcé d’importants développements politiques. C’est sous son règne, que selon la tradition, le Conseil d’État du Bénin a été formé, ainsi que d’autres nouvelles institutions politiques ; et c’est à partir de cette époque que le système impérial du Bénin acquit un gouvernement central, avec des fonctionnaires, des départements ainsi que des moyens réguliers d’administrer l’empire.

Il établit une succession héréditaire au trône et étendit considérablement le territoire du royaume du Bénin, qui, au milieu du XVIe siècle, s’étendait du delta du fleuve Niger à l’est à ce qui est aujourd’hui Lagos à l’ouest.
Ewuare a en outre reconstruit la capitale appelée « Ubinu » ou « Ibinu » corrompu en « Bini » par les Itsekiris, les Urhobos et les Edo (qui vivaient tous ensemble dans le centre administratif royal du royaume), en la dotant de grands murs et de douves.
Les Portugais qui sont arrivés lors d’une expédition, quant à eux l’appelèrent Bénin et le centre deviendrait connu sous le nom de Benin City. Oba Ewuare, le premier Oba de l’âge d’or, est crédité d’avoir transformé la ville de Bénin en une cité-État, à partir d’une forteresse militaire construite par les Ogisos, protégée par des douves et des murs de 15 mètres de profondeur.
C’est à partir de ce bastion qu’il lança ses campagnes militaires, poursuivit ses conquêtes et commença l’expansion du royaume.
Une série de murs a marqué la croissance progressive de la ville sacrée jusqu’à son déclin.
Pour barricader son palais, Oba Ewuare commanda la construction d’un rempart en terre de 11 kilomètres de long ceint d’un fossé de six mètres de profondeur, avec de grandes artères et 9 portes fortifiées.

Treize ans après la mort d’Ewuare, les récits de la splendeur du Bénin n’ont cessé d’attiser davantage la convoitise des Portugais aux portes de la ville.
En dehors de Benin City, le système de gouvernement de l’Oba dans l’empire était encore vaguement basé sur la tradition de la dynastie Ogiso. En effet, une protection militaire était offerte en échange d’un serment d’allégeance et d’impôts payés au roi. La langue et la culture ne furent pas imposées, car l’empire était hétérogène. Toutefois, l’Oba nommait très souvent un Enogie local (ou duc) pour des zones ethniques spécifiques.
Le roi était la personne la plus importante dans le gouvernement du royaume, il était traité par ses sujets avec un grand respect selon des règles compliquées. Néanmoins, son pouvoir dépendait de nombreux autres chefs et fonctionnaires qui gouvernaient la ville et les villages environnants. Dans la ville même, il y avait deux sortes de chefs. Les chefs de palais, comme le roi lui-même, ont hérité de leurs positions en tant que hauts représentants de leurs clans. Les chefs de ville sont responsables de l’administration des provinces du royaume et ont été nommés en reconnaissance de leurs capacités et réalisations personnelles. Ils représentaient leur peuple plutôt que les intérêts du roi. Lorsque les chefs de ville étaient représentés sur des plaques, ils pouvaient être identifiés par leur costume de cérémonie en écailles de pangolin. Le pangolin était le seul animal invulnérable au roi de la forêt, le léopard, car il pouvait se rouler en boule écailleuse. C’est pourquoi les chasseurs de léopards portaient des casques en peau de pangolin et les chefs de ville portent des tuniques en tissu « écailles » pour montrer qu’ils sont protégés de la domination du roi.


Une autre figure clé de la cour royale était la mère de l’Oba. On peut prendre l’exemple de la reine Idia, mère d’Oba Esigie qui régna au début du XVIe siècle. Elle joua un rôle clé dans les campagnes militaires de son fils contre le peuple Igala, qui contrôlait la voie navigable du Niger. Le Bénin sortit victorieux de ces guerres et fit du roi Igala un vassal de l’Oba. Une tête en laiton représentant la reine Idia a été réalisée pour être placée sur son autel après sa mort.


L’art de cour de Bénin fut essentiellement représenté par des objets d’ivoire et de bronze, œuvres de sculpteurs et de fondeurs au service de l’oba, chef politique et religieux. Les relations artistiques que la ville de Bénin entretenait avec Ife, métropole religieuse yoruba, d’où aurait été envoyé un orfèvre passé maître dans la technique de la fonte à cire perdue, sont attestées par le style des œuvres du premier art de Bénin, au nombre desquelles on compte aussi des ivoires, des masques, des gongs, que caractérisent une finesse de facture et un naturalisme subtil dans le traitement des visages.
L’art du bronze et celui de l’ivoire y ont fleuri d’une façon remarquable ; certains bronzes du Bénin des XVe et XVIe siècles ont été emportés en Europe, où un grand nombre d’entre eux ont ensuite été donnés ou achetés par le British Museum.
Bien avant que les Européens ne commencent à faire naviguer leurs navires autour des côtes ouest-africaines, les marchandises étaient transportées des rives de la Méditerranée à travers le Sahara vers les grands centres commerciaux des savanes ouest-africaines, telles que Tombouctou, et plus loin dans les régions forestières telles que le Bénin. En voyageant dans l’autre sens, le produit le plus précieux de l’Afrique de l’Ouest qui a atteint l’Europe et l’Asie au Moyen Âge était l’or.
En essayant de contourner les routes commerciales du Sahara que les Africains contrôlaient, les Portugais arrivèrent dans les territoires côtiers du Bénin en 1485. Ainsi commença des contacts réguliers entre les deux pays qui durent 400 ans.
Rui de Sequeira, le premier Portugais à accoster le royaume arriva en 1472, mais la ville de Benin n’a été visitée pour la première fois qu’en 1485. Des relations commerciales s’établirent immédiatement, surtout à partir de São Tomé, portant sur la traite des esclaves et, accessoirement, sur le commerce du poivre et de l’ivoire. Les Portugais entrèrent également en contact avec les peuples du delta du Niger très souvent regroupés en fédérations.
Les missions catholiques ont été établies par les Portugais au début du XVIe siècle. Les armes à feu ont été introduites à peu près à la même époque et entraînèrent une augmentation des guerres.
Les églises ont été construites par les Portugais à Benin City. Des Portugais, nous retenons qu’en 1516 « au mois d’août, le roi ordonna à son fils et à deux de ses plus grands nobles de devenir chrétiens et construisit une église au Bénin et ils apprirent à lire et le firent très bien ».


Au XVIIe siècle, les Portugais furent progressivement évincés. Français, Danois et Hollandais prirent le relais et établirent une série de forts le long de la côte. Puis vinrent les Britanniques qui prirent graduellement le contrôle économique de la région. La Traite alimentait désormais l’Amérique du Nord engagée dans une économie de plantations. Malgré l’interdiction de la traite instaurée en 1815 par le Congrès de Vienne, ce commerce se poursuivit clandestinement jusqu’au milieu du XIXe siècle. Ses victimes auront souvent été les Yorubas, et une population qui leur est apparentée par la langue, celle des Igbos (cour inférieure du Niger), ou des Ijaws (delta du Niger), ainsi que le peuple Ibibio.
Mais au cours du XVIIIe et au début du XIXe siècle, le royaume fut affaibli par de violentes luttes de succession entre les membres de la dynastie royale, dont certaines éclatèrent en guerres civiles. Les obas les plus faibles se séquestrèrent dans leurs palais et se réfugièrent dans les rituels de la royauté divine tout en accordant indistinctement des titres aristocratiques à une classe croissante de nobles improductifs.
Bientôt la règle fut édictée que les obas ne pouvaient plus conduire les troupes au champ de bataille, ce qui modifia la fonction royale. Les conséquences de l’introduction du catholicisme, les problèmes de succession et le poids croissant des chefs à la cour pendant la dernière décennie du XVIIe siècle provoquèrent cette guerre civile qui dévasta le royaume, à commencer par le palais. Le royaume sortit de la crise dans les années 1730 et son activité commerciale lui redonna du lustre, sans qu’il retrouve sa puissance antérieure. Il restait coupé de la côte.
Au XIXe siècle, le désir de contrôle sur le commerce et le territoire ouest-africain conduit les Britanniques à lancer des expéditions sur le Bénin. En dépit d’une résistance farouche des Béninois ; en 1897 l’invasion britannique aboutit au saccage de Benin City, à la capture du roi, à la destruction de son palais et donna lieu à un pillage sans précédent (de grandes quantités de sculptures et d’insignes, notamment des œuvres en bois, en ivoire et surtout en laiton furent subtilisées). La capitale du Bénin totalement incendiée, fut ensuite intégrée comme colonie Britannique.
