Aussi loin qu’on remonte dans l’histoire de l’humanité, on trouve au Tchad des traces de la présence humaine. En janvier 1995, à l’est de Koro Toro, dans le nord du Tchad, l’équipe du professeur Brunet, un paléontologue français, mit à jour des fragments de la mâchoire d’un australopithèque encore plus ancien nommé Australopithecus bahrelghazali (de la vallée du Bahr el Ghazal ou fleuve des gazelles). L’âge de ce préhominien baptisé « Abel » remonte à plus de 3 millions d’années avant notre ère. Cette découverte bouleversa complètement la thèse des paléontologues qui avaient jusque-là situé le berceau de l’humanité en Afrique orientale ou australe, séparée du reste de l’Afrique par la vallée du Rift.
En outre, c’est dans le sud du lac Tchad que, grâce aux fouilles archéologiques, des bijoux et autres objets artisanaux en terre cuite et en bronze, ainsi que des os datant de 1000 ans avant J-C, permirent d’identifier les premiers habitants : les Sao (Sô). Ceux-ci auraient connu des techniques de l’agriculture et du tissage du coton. Ils vivaient de chasse, de pêche et d’agriculture. Leur société était très hiérarchisée. Cette même population qui, après avoir été militairement conquise par l’empire Kanem-Bornou, allait progressivement se fondre dans ce royaume au cours du premier millénaire de notre ère.
Le Kanem-Bornou était un empire commercial remarquable par sa taille et sa pérennité. Son territoire comprenait à plusieurs reprises ce qui est aujourd’hui le sud du Tchad, le nord du Cameroun, le nord-est du Nigeria, l’est du Niger, et le sud de la Libye.
Situé au centre du continent, sur la rive orientale du lac Tchad, le royaume Kanem se forma à partir d’une confédération de peuples nomades qui parlaient les langues du groupe Teda-Daza (Toubou), avant d’être gouverné pendant 1 000 ans par la dynastie des Sefuwa (Sefawa/ Saifawa /Sayfawa/ Sayf/ Sef).
La première mention du Kanem dans les textes date de 872 de notre ère, à travers les travaux de l’historien et géographe arabe Al-Yaqubi (dans son Kitab al-buldan). Selon les premières sources arabes, les origines du Kanem remontent au VIIe siècle avec la domination du peuple Zaghawa (également appelé Béri), qui liait la confédération. À la fin du IXe siècle, le peuple Kanouri (Kanuri), imposa progressivement sa souveraineté au sein de cette confédération, écartant ainsi les Zaghawa. La domination Zaghawa prit officiellement fin au milieu de la deuxième moitié du XIe siècle, avec l’avènement d’une nouvelle dynastie fondée par les Kanouri, portant le nom de Sefuwa, car elle prétendait descendre du héros yéménite Sayf ben Dhi Yazan. Ainsi, les traditions orales locales omirent les Zaghawa et se référèrent à la place au récit légendaire d’un fondateur Arabe, Sayf ben Dhi Yazan.
Mentionné dans différentes sources externes depuis le IXe siècle, le Kanem se distingue également par l’existence d’une source interne : le Diwan des sultans du Kanem-Bornou. Le début de la rédaction du Diwan remonte probablement à la première moitié du XIIIe siècle. Il s’agissait d’un recueil écrit en arabe, retraçant l’histoire du royaume sur une période de 1000 ans, détaillant la généalogie des rois, ainsi qu’une description succincte de leur règne.
L’islam semble avoir pénétré pacifiquement par la voie saharienne, et le douzième Mai (ou Maï, titre porté par le roi) fut le premier à adopter la nouvelle foi. Le fondateur de la dynastie, le Mai Ḥummay (Umme, Houmé or Hume) qui régna de 1075 à 1086, influencé par le contact avec les commerçants Arabes provenant du nord, se convertit à l’islam à la fin du XIe siècle, transformant le Kanem en un État musulman.
L’explication la plus probable à cette conversion est que, comme dans d’autres États subsahariens, cela leur a valu la faveur des commerçants musulmans, et de plus grandes richesses avec lesquelles impressionner leur peuple et conserver le pouvoir.
Toutefois, la prétention à une ascendance yéménite indique clairement que Ḥummay et ses hommes étaient en contact avec des Berbères de l’Afrique du Nord : pour se distinguer des Arabes Adnanites, ceux-ci s’attribuaient volontiers des ancêtres Himyarites.
L’homme d’État arabe Al-Muhallabi, écrivait au Xe siècle, que le royaume comptait désormais deux villes et que sa richesse était attestée par de grands troupeaux de bovins, de moutons, de chameaux et de chevaux.
En effet, sous domination Zaghawa, la résidence des rois était la ville de Manan. Le changement de capitale s’effectua quelque temps avant le début du XIIe siècle, avec la ville de Njimi (Djimi) au nord-est du lac Tchad comme capitale permanente.

Le roi établi dans sa capitale à Njimi, est assisté d’un conseil comprenant les douze principaux officiers du royaume. Il règne sur le peuple Kanembou et sur des ethnies vassales. Il noua des rapports politiques avec l’Égypte et avec les Hafsides de Tunis. Le prestige de la dynastie Sefuwa était grand dans toute l’Afrique méditerranéenne : il était fondé sur la puissance militaire et sur le rayonnement culturel du royaume kanémien. La ville prospéra grâce à sa position de plaque tournante des relations commerciales avec les peuples d’Afrique centrale, de la vallée du Nil et les États d’Afrique du Nord de l’autre côté du désert du Sahara.
Dès le Xe siècle, le royaume marquait la fin d’une route de caravanes de chameaux qui traversait le Sahara et faisait transiter des marchandises entre la Tripolitaine (la Libye moderne) et le Caire, jusqu’en Afrique centrale. Cette route transsaharienne était l’une des meilleures, car bien desservie par les oasis régulières qui parsemaient la région du Fezzan.
Il existait également une route vers l’est et la vallée du Nil via les marais salants de Kawar.

Le sel, le cuivre (souvent utilisé comme monnaie), l’étain (du Nigeria), le coton, les peaux, les noix de cola, l’ivoire, les plumes d’autruche, les chameaux et l’or transitaient par le royaume. L’élite du Kanem dépensait sa richesse accumulée dans des produits de luxe importés tels que des tissus brodés, de la soie, des bijoux et des armes.

L’expansion du Kanem a culminé pendant le règne du Mai Dunama Dibbalemi (Dounama Dibbalami alias Dounama Ier, qui régna de 1210 à 1248). Dounama Ier initia des échanges diplomatiques avec des sultans d’Afrique du Nord et créa une auberge spéciale au Caire pour faciliter les pèlerinages à La Mecque. Durant son règne, la région du Fezzan (dans l’actuelle Libye) est tombée sous son autorité, et l’influence de l’empire s’étendait à l’ouest jusqu’à Kano, vers l’est jusqu’à la région du Ouaddaï (Ouadaï/Wadai), ainsi qu’au sud jusqu’aux prairies d’Adamaoua (dans le nord du Cameroun). Les commandants militaires étaient récompensés pour leur service par l’attribution du poste de gouverneur des régions conquises, et les mariages mixtes entre les maisons royales étaient une stratégie éprouvée pour consolider de nouveaux chefs dans le royaume. Les peuples assujettis étaient obligés de payer un tribut aux rois du Kanem.
Dounama Ier était également l’un des opposants les plus véhéments à l’ancienne religion ancestrale, le roi musulman ordonna la destruction des objets et symboles s’y rapportant, et imposa des éléments de la loi islamique. Néanmoins, la pratique de l’islam au Kanem ne semblait pas entièrement en accord avec la version habituelle de l’islam, comme le rapporte ici l’auteur Arabe Yaqut dans son « Dictionnaire des pays » du XIIIe siècle (Kitab Mu’jam al-Buldan):
« Ils exaltent leur roi et l’adorent à la place de Dieu. Ils imaginent qu’il ne mange rien. Il y a des personnes qui s’occupent secrètement de cette nourriture et qui l’apportent chez lui. On ne sait pas d’où il vient. S’il arrive qu’un de ses sujets rencontre les chameaux transportant des provisions, il est tué sur le coup. Il boit son breuvage en présence de ses compagnons choisis… Leur religion est le culte de leurs rois, car ils croient qu’ils apportent la vie et la mort, la maladie et la santé. »
À la mort de Dounama Ier, le Kanem fut en proie à des luttes politiques internes et à des querelles avec les peuples en marge de l’empire.
La richesse du Kanem provenait de la capacité de ses dirigeants à contrôler le commerce dans la région. Il semble y avoir eu un changement correspondant dans le mode de vie, passant d’un mode de vie entièrement nomade à une combinaison d’un mode de vie pastoral avec la culture agricole. Au XIVe siècle, le tissage local était suffisamment développé pour que les habitants du Kanem utilisassent des bandes de coton comme unité de mesure dans leurs échanges commerciaux. D’autre part, on peut supposer qu’il y avait également du cuivre parmi les marchandises acheminées au Soudan central. Nous savons que durant ce siècle, ce métal était extrait dans des mines situées près de Takedda (non loin d’Agadez, au centre du Niger). À cette époque, les gisements d’étain du plateau nigérian avaient probablement déjà commencé à être exploités.
Vers la fin du XIVe siècle, à la suite des attaques lancées par les Bulala (un peuple de pasteurs établis dans la région du lac Fitri) et leurs alliés Arabes, les Sefuwa furent contraints d’abandonner le Kanem et de s’installer définitivement au Bornou resté fidèle, à l’ouest du lac Tchad.
En effet, entre 1376 et 1400, cinq Mais furent assassinés par les envahisseurs Bulala. Cette prolifération de Mais entraîna de nombreux prétendants au trône et conduisit à une série de guerres intestines. Le Kanem et le Bornou étaient au départ deux royaumes distincts qui étaient sous la domination d’une seule dynastie, celle des Sefuwa. Le Bornou jouissait d’une certaine autonomie en dépit de la suzeraineté des rois du Kanem.
Au moment où la dynastie se reconstitua dans la riche région du Bornou, il lui fallut tout d’abord subjuguer les autochtones Sô (Sao). Aujourd’hui, le nom de Sô désigne, dans le cadre de la culture kanuri, les peuples qui ont précédés les Kanuri. Le peuple Sô a fini par assimiler la langue et la culture kanuri, et cette décision n’a pas été sans avantages pour les rois du Kanem, car la région à l’ouest du lac Tchad était pourvue d’abondants gisements de fer.
Vers la fin du XVe siècle les dirigeants Sef ont connu une résurgence qui a vu le Kanem revenir sous leur contrôle.
Au XVIe siècle, sous le commandement de monarques habiles, le nouveau royaume du Kanem-Bornou s’imposa de nouveau comme une puissance régionale de premier plan : les expansions reprirent à l’ouest (pays Haoussa) et au nord (Aïr, centre-nord du Niger).
Après un siècle d’instabilité politique et de reconstruction, Ali Gaji Dunamami qui régna de 1476 à 1503, érigea une nouvelle capitale fortifiée à l’ouest du lac Tchad, Birni Ngazargamu (Ngazargamu, aussi Gazargamo) ; il entreprit la reconquête du Kanem et s’assura le contrôle des pistes sahariennes. La gouvernance d’Ali Gaji ouvrit une période de paix intérieure et de résistance active aux Bulala. Au début du XVIe siècle, les Bulala ont été vaincus et Njimi repris.
Néanmoins, les dirigeants de l’empire décidèrent de rester à Ngazargamu. Effectivement, les terres y étaient plus productives sur le plan agricole et mieux adaptées à l’élevage du bétail.

De 1571 à 1603, sous le règne du brillant stratège militaire Idris Alaoma (Idris Alawoma/ Idris Alawma/ Idris Alooma/ Idris Aluma), les soldats furent formés aux nouvelles techniques de guerre et équipés d’armes à feu. Ses principaux adversaires étaient les Haoussa à l’ouest, les Touaregs et les Toubous au nord, ainsi que les Bulala à l’est. Sa diplomatie active comprenait des relations avec Tripoli, l’Égypte et l’Empire Ottoman. Son principal objectif, lorsqu’il accéda au pouvoir, sembla être de réaliser le rêve de ses aïeux : doter son pays d’un système économique et politique puissant. La cavalerie, pièce maîtresse de son armée, fut réorganisée. Celle-ci comptait également un corps de mousquetaires turcs, dont déjà ses prédécesseurs avaient renforcé les effectifs. Ce fut fort d’une telle armée qu’Idris se lança dans de nouvelles conquêtes. Il fut crédité de la défaite finale des Bulala et de la consolidation du Kanem-Bornou en un État unifié administré selon la loi islamique.

Le déménagement à Bornou a amené de nouveaux partenaires commerciaux sous la forme des Haoussa (nord du Nigeria) et un contact plus étroit avec le monde musulman. Bornou est devenu un centre d’apprentissage et d’érudition.
À la tête de l’empire était placé le Mai. Cette fonction est héréditaire au sein de la ligne masculine de la Sefuwa Magumi. Le principe d’hérédité était cependant tempéré par le choix : s’il s’était assuré un pouvoir incontesté, le Mai pouvait désigner de son vivant son successeur qui prenait alors le titre de chiroma ; sinon, c’est le Grand Conseil qui désignait le nouveau monarque parmi les fils du Mai, chacun de ceux-ci pouvant prétendre au trône. Les membres de la famille royale bénéficiaient de titres et d’influence : la reine mère (magira), la première épouse (gumsa/ gumsu), les princes et les princesses (maïna/ mairam). La mère du Mai, la sœur aînée, ainsi que la première femme, jouissaient d’un certain nombre de privilèges.
L’administration de l’empire était assurée par des nobles auxquels le Mai confiait le contrôle d’un territoire déterminé.
Les ressources de l’État se composent à l’origine essentiellement des tributs payés par les États vassaux et les populations soumises. À partir du XVIe siècle, la fiscalité fut organisée au sein même de l’empire : dîmes perçues annuellement sur récoltes et bétail par les chefs de village, de district et de province.
Le cœur de l’empire, le Bornou, fut riche en ressources : mil, coton, bétail. Mais l’importance économique de l’empire est due essentiellement à une situation géographique exceptionnelle. Zone de transition, le Bornou contrôlait les échanges entre le Sahel et le Soudan ; il se trouvait à la croisée de routes commerciales qui traversent l’Afrique d’est en ouest et de pistes transsahariennes, voies de communications vers la Méditerranée et l’Orient.
La Traite arabo-musulmane fut déplorablement un élément majeur. Nos premières informations à ce sujet proviennent de l’historien et géographe arabe Al-Yaqubi, qui rapporte qu’au IXe siècle, des commerçants Berbères du Kawar ont amené des esclaves Noirs, probablement du Kanem, à Zawila, la capitale du Fezzan. Lorsque le royaume s’affaiblit, les habitants du Kanem-Bornou risquaient eux-mêmes d’être vendus comme esclaves par des ennemis extérieurs, bien que la plupart d’entre eux soient musulmans depuis le XIIIe siècle. À la fin du XIVe siècle, les Mais se plaignaient des Arabes qui réduisaient leurs sujets musulmans en esclavage.
En effet, les razzias lancées par le roi contre les peuples non musulmans au sud du Bornou pour faire des captifs ne pouvaient pas satisfaire la forte demande.
Toutefois, le Kanem-Bornou doit plus sa prospérité à son agriculture florissante, à son élevage et à ses mines de sel qu’aux revenus tirés de la traite des esclaves. Un rôle important était également joué par les artisans, dont certains produits étaient exportés vers les pays voisins. Au XIVe siècle, Bornou exportait des vêtements brodés.
La justice était rendue en principe par les chefs de localité. Néanmoins, les dignitaires religieux exerçaient une large autorité en matière judiciaire. Les liens entre le pouvoir central et la hiérarchie religieuse étaient extrêmement étroits, cette dernière apportant au Mai ses conseils et son soutien.
La prospérité qu’Idris Alaoma apporta au Kanem-Bornou se poursuivit tout au long du XVIIe siècle. Ses successeurs continuèrent ses politiques fondamentales de défendre le cœur de l’empire contre les incursions de la confédération Kwararafa du sud, les Touaregs du nord, la puissance croissante des États haoussa à l’ouest. Au XVIIIe siècle, cependant, une succession de souverains sans stature et des raids sur les routes commerciales aux confins de l’empire précipitèrent son déclin.
À partir du règne d’Ali Ibn Dunama (vers 1742-1792), on peut dire que le Kanem-Bornou traversa une période de crises qui atteignit son point culminant avec le djihad du XIXe siècle.
Devant l’insécurité, les famines et la difficulté de trouver des pâturages, de nombreux nomades Peuls abandonnèrent le Bornou métropolitain pour le pays Haoussa, le Mandara et le Fombina (ses territoires correspondent actuellement aux régions de l’Adamaoua au nord du Cameroun, de Taraba au Nigeria, tout comme une partie du Tchad et de la République centrafricaine), mais ils ne trouvèrent nulle part la paix et la sécurité qu’ils recherchaient, ce qui influa probablement sur leur rôle prépondérant dans le djihad.

C’est un Kanem-Bornou en pleine décadence qui subit au début du XIXe siècle les assauts des Peuls mobilisés dans le djihad en 1805, soutenus par Ousman Dan Fodio de Sokoto.
Toutefois, même si le djihad a contribué à faire perdre aux Sefuwa leurs États vassaux et à mettre fin à leur domination, le système administratif et socio-économique édifié par les Mais, en particulier dans le Bornou métropolitain, subsista encore, quoique modifié, durant plus d’un siècle.
Ce n’est qu’au Bornou que l’autorité du Mai fut suffisamment forte pour survivre à la perte de sa capitale, Birni Ngazargamu ; en partie parce que les assaillants, après avoir conquis la ville, furent eux-mêmes incapables de s’y maintenir et finirent par l’abandonner.
Après quatre années de guerre, de famine et d’épidémies, le problème majeur était celui de la reconstruction. Certains des vaincus, tels que les Mais du Bornou ou les anciens sultans Haoussa, essayèrent, en exil, de reconstituer une Cour et une armée pour reconquérir leurs royaumes.
Le Mai fit appel à Muhammad (Mohamed) al-Amin al-Kanemi, lettré estimé qui n’était pas de la lignée Sef. Cette alliance dirigée par al-Kanemi a résisté à l’invasion et a établi une nouvelle capitale à Kukawa en 1814.

L’indépendance du Bornou est restaurée vis-à-vis de la domination peule dans les années 1820.
En 1820 Après les victoires militaires d’al-Kanemi, le Mai lui donna le statut de vice-roi. Connue sous le nom de Shehu en référence au titre de Cheikh. il consolida le sultanat du Bornou avant sa mort en 1837. En revanche, le Mai, qui conservait sa cour, ne tirait plus de son territoire, considérablement réduit, assez de ressources pour entretenir et pour récompenser ses courtisans.

Après la mort du Mai en 1846, le fils d’al-Kanemi, Umar (Omar) se proclama Shehu (c’est-à-dire Cheikh ou sultan) de Bornou, mettant ainsi fin au règne de la dynastie Sefuwa.
Vers la fin du XIXème siècle, un trafiquant d’esclaves du nom de Rabah (Rabih Fadlallah), un arabo-soudanais, allait sonner le glas du royaume.
À la tête d’une armée bien structurée et bien équipée, celui-ci s’était emparé en 1893 du Bornou, l’avait réorganisé et avait établi (en 1894) sa capitale à Dikoa (ou Dikwa) à partir de laquelle il comptait conquérir les royaumes environnants, jusqu’à ce qu’il soit tué par les colons Français en 1900.

La dynastie al-Kanemi fut restaurée à Dikoa ; mais, après la partition finale du Bornou entre les colons Britanniques, Français et Allemands, le Shehu Bukar Garbai (Abubakar Garbai) s’enfuit en 1902 vers le nord du Nigeria où il fut intronisé comme le Shehu du Bornou britannique.