
L’histoire du Songhay (Songhoy/ Songhaï) c’est l’ascension d’un petit royaume commerçant sur le fleuve Niger, qui devint un immense Empire prospère, dont la civilisation demeure admirée au-delà même des frontières continentales.
C’est au VIIe siècle, au sud de l’illustre ville de Gao, sur le bief oriental du fleuve Niger, qu’une chefferie Songhay peuplée de pêcheurs Sorkos et de chasseurs Gows établit sa capitale à Koukia (Koukya).

Vers le VIIIe siècle, la dynastie Dia impose son autorité, et ce sera sous leur règne que le roi, le Dia Kossoï déplaça la capitale du royaume à Gao. En effet, la ville était mieux située sur le Niger, au débouché des grandes voies du commerce transsaharien.
En 1010, le Dia Kossoï se convertit à l’Islam, bien que la majorité de la population restât fidèle aux spiritualités traditionnelles africaines, ne devenant exclusivement musulmane qu’au XIIe siècle après la conquête des Almoravides. Ce fut à cette même période que le royaume de Gao profita pour s’émanciper de la tutelle de l’Empire du Ghâna.
Au début du XIVème siècle, une nouvelle dynastie succéda aux Dia ; la dynastie des Sonni (ou Sunni), fondée par Ali Kolen (Ali Golom/ Ali Kolon), qui initia la période qu’on appellera le Second Empire Songhaï.
Cette nouvelle indépendance s’avéra toutefois de courte durée ; en 1325, les troupes de l’Empereur Mansa Moussa s’emparèrent de Gao. Le Songhay se retrouva ainsi sous l’hégémonie de la puissance impériale régionale, le Mali, alors à son apogée.
À la suite de la mort du Mansa Moussa en 1332, les guerres de succession et la révolte des marges vassalisées amorcèrent la décadence progressive de l’Empire Mandingue.
Profitant des querelles dynastiques internes et des incursions Touaregs, les Songhays attaquèrent et pillèrent Niani la capitale du Mali vers 1400 avec le Sonni Madogo.
En 1435 les Touaregs et leur chef Akil parvinrent à chasser la garnison Mandingue de Tombouctou et se rendirent maîtres de la ville. Néanmoins, l’expansionnisme touareg fut paralysé sous le règne du prestigieux Sonni Ali Ber dit d’Ali-Le-Grand en 1468.
En effet, c’est avec l’avènement du Sonni Ali Ber en 1464 que le Songhay deviendra réellement indépendant et étendra de façon décisive sa domination sur tout le cours moyen du Niger. Ali-Le-Grand imposa le Songhay comme la principale puissance régionale en s’emparant des cités commerçantes et religieuses de Tombouctou et Djenné. Ses campagnes militaires agressives comprenaient la libération de Tombouctou du joug Touareg en 1468 et la conquête de Djenné en 1473, point d’arrivée de l’or du Bouré et du sel du Sahara. Avec l’annexion de ces principales villes commerçantes, Ali-Le-Grand édifia les bases de l’Empire Songhaï. C’est sous son règne qu’eurent lieu les premiers contacts avec les européens sur la côte Atlantique, en 1472.

Après avoir vaincu les Touaregs, triomphé des Baridbas du Borgou, des Peuls du Macina, des Gourmantchés, il ne peut cependant venir à bout des Mossis et des Dogons. Le roi des Mossis du Yatenga vint ravager le Macina en 1477 et s’avança jusqu’à Oualata qu’il pilla en 1480. Cette incursion audacieuse à travers son Empire révéla le génie de Sonni Ali qui organisa une flotte puissante pour pouvoir à l’avenir secourir rapidement Oualata. Il fit creuser des canaux pour les communications et l’irrigation. Pendant qu’il commençait à faire creuser le canal qui devait relier Oualata à Tombouctou, on lui annonça que les Mossis du Yatenga avaient de nouveau envahi ses États ; il marcha aussitôt contre eux et parvint à leur faire rebrousser chemin, mais, au cours de l’expédition, il se noya en traversant un torrent, le 6 novembre 1492.
Ali-Le-Grand fut un souverain remarquable, indéniablement le plus admiré du Songhay, il sut allier génie militaire et talent d’administrateur. Musulman Kharidjite, il favorisa la cohabitation entre sa religion et les religions traditionnelles locales en conciliant les intérêts de ses sujets pasteurs avec ceux des citadins musulmans dont les ressources et l’érudition dépendaient de l’Empire.
Et c’est pour cela que sa politique fut dépeinte comme étant impiepar les élites de Tombouctou qu’il n’entendait pas associer à sa gouvernance.
Sonni Ali Ber éleva son royaume au rang d’Empire structuré par le Niger dont l’organisation était assez similaire à celle de l’Empire Mandingue. Sa puissance reposait sur la prospérité marchande de ses villes (Tombouctou, Gao), une économie fortement dépendante de l’esclavage (grandes fermes d’État, domaines fonciers privés), le contrôle des mines de sel de Teghazza, le rayonnement intellectuel de ses universités (Tombouctou, Tindirma, Djenné), son organisation politique et son armée.

À la mort de Sonni Ali Ber, l’empire s’étend du Dendi (région frontalière entre l’extrême nord du Bénin, le Niger et le Nigéria) à Mopti (centre du Mali). La dynastie des Sonni ne survivra malheureusement pas à Ali après l’accession au trône de son fils Sonni Bakary (Sonni Baru/Baro).
Ce dernier s’étant rangé du côté des pasteurs, il sera destitué par un coup d’état de son cousin (neveu de Sonni Ali Ber) appartenant à la faction pro-islamique de son armée en 1493.

Le nouveau Prince, Mohammed Touré (Mamadou Touré/ Mohammed Aboubacar Sylla) du clan des Sylla se fit investir avec le titre d’Askia (Mohammed Askia I) inaugurant ainsi une nouvelle dynastie, celle des Askia.

A l’origine de ce coup d’Etat, son allégeance aux lettrés de Tombouctou. Il adopte une politique d’islamisation, s’entoure de lettrés originaires de Tombouctou et, une fois que son autorité fut suffisamment assise, il entreprit le pèlerinage à La Mecque (1496-1497).
Sonni Bakary se réfugia à Ayorou (Sud-ouest de l’actuel Niger), en aval de Koukia, où il constitua avec ses partisans le noyau du Dendi.
Mohammed Askia I construit sur les conquêtes de Sonni Ali, étendant le territoire de Songhaï à l’ouest jusqu’à l’océan Atlantique et à l’est dans l’actuel Niger ainsi que le Nigeria. Il continue l’œuvre impériale de son oncle et étend l’Empire de l’Atlantique à l’Aïr (centre de l’actuel Niger).
Sous son règne de 1493 à 1528, il fut un monarque remarquable, sut rendre ses États prospères et y développer une civilisation qui fit l’admiration de Léon l’Africain, lequel visita le Songhaï vers 1507.

Son règne inaugure un siècle de bonnes relations entre le pouvoir et lesulémas de Tombouctou, renforçant la stature de capitale intellectuelle du monde musulman. Il commence avec un pèlerinage à La Mecque en 1496-1497 et s’entoure de lettrés venus du Caire ou de Fès.
L’Askia Mohammed accentua le développement culturel de l’empire, encourageant le développement de Tombouctou et de Djenné en tant que centres d’apprentissage islamique.
Grand bâtisseur, Askia Mohamed fait construire à son retour de la Mecque, le monument connu aujourd’hui sous le nom de Tombeau des Askia, ainsi que la mosquée de Tindirma dans la région des lacs. Le tombeau s’inscrit dans une très longue tradition saharienne de tumulus ancestraux ou tumulus funéraires érigés sur des tombes dès le premier millénaire avant notre ère.
Après son pèlerinage à la Mecque, en 1496, il obtient au Caire le titre de Khalife du Soudan, qui légitime son pouvoir et ses conquêtes.
C’est sous son règne que l’empire atteint son apogée. Malgré l’affichage d’un Etat islamique, le système de gouvernement mis en place par l’Askia Mohammed respecte certaines traditions locales se combinant avantageusement avec la Charia.
Néanmoins, L’Askia lance très régulièrement des Djihad contre les peuples non musulmans, les Mossis sont très souvent la cible de razzia.
Sous son règne il s’opéra quelques changements socio-économiques : le développement d’une société urbaine stable, fondée sur le commerce et la religion musulmane. Les trois principales villes de l’empire ont un rayonnement international : Tombouctou rassemble 80 000 habitants. C’est à la fois une ville sainte (université Sankoré, 180 écoles coraniques spécialisées dans le malékisme, une des écoles classiques du droit musulman sunnite) et la capitale économique de l’empire. Djenné (40 000 habitants) domine le commerce avec l’Afrique équatoriale alors que Gao (100 000 habitants), la capitale politique, est plus orientée vers l’Egypte et l’Arabie.

Askia Mohammed continue la politique de conquêtes de Sonni Ali, il défait les Peuls du Fouta-Toro (nord de l’actuel Sénégal), annexant la majeure partie du pays Haoussa à l’est.

Afin de prendre le contrôle des principaux marchés caravaniers au nord, il ordonna à ses armées de fonder une colonie dans l’Aïr, triompha sur les Touaregs en s’emparant d’Agadès. Vers 1516, le Songhaï contrôle, directement ou indirectement, tous les pays de la savane, du Sénégal au Tchad. Mais cet empire tient surtout grâce à la supériorité des armées de Gao et à la terreur que leurs saccages et leurs massacres inspirent.
Homme d’État qualifié, l’Askia Mohammed a créé une administration centrale hautement organisée, divisant cet immense Empire en quatre vice-royautés et plaçant chacune sous un gouverneur. Une armée de métier est constituée et assure le maintien de l’ordre dans tout le pays. Une flottille sur le Niger, axe politico-économique de l’empire, complète le dispositif militaire. Il a supervisé une renaissance générale du commerce transsaharien en partie en raison de la propagation de l’islam dans l’empire. Le gouvernement percevait des taxes sur le commerce de l’or et du sel, les tributs des provinces et la production des fermes royales fournissaient des revenus supplémentaires.

Néanmoins, malgré cette organisation politique et économique complexe, le Songhaï ne maintient son unité qu’au prix d’expéditions incessantes sur des confins toujours en révolte. Le Songhaï ne résiste à ces forces divergentes que grâce à l’efficacité de son organisation militaire.
Renonçant au système d’enrôlement de masse qu’avait pratiqué Ali-le-Grand et qui empêchait les paysans de se livrer aux travaux des champs, il constitua une armée de métier et y recruta entre autres des esclaves et des prisonniers de guerre, ce qui lui permit de laisser les cultivateurs sur leurs terres toute l’année, les artisans à leurs métiers et les commerçants à leurs affaires. Témoignant d’un grand respect pour les personnages religieux et les savants, il fit de Gao, de Oualata et surtout de Tombouctou et de Djenné des centres intellectuels qui jetèrent un vif éclat et où des docteurs et des écrivains renommés du Maghreb vinrent compléter leurs études et parfois s’y installer définitivement, comme le fit plus tard le célèbre Ahmed-Bâba. Des jurisconsultes de valeur se formèrent aux écoles de Tombouctou et toute une littérature s’y développa aux XVIe et XVIIe siècles.
La composition du gouvernement était relativement moderne, avec un partage des compétences bien déterminé entre conseillers, chanceliers et différents ministres. Les royaumes vassaux ou tributaires conservaient une indépendance théorique, mais l’Askia impose toujours son candidat lors des successions. A l’inverse des rois du Ghana et du Mali, Askia Mohammed tente de dépasser la structure clanique traditionnelle en s’appuyant sur l’islam comme moteur d’unification, même avec les royaumes vassaux. En ce début du XVIe siècle, le commerce demeure l’activité la plus lucrative, Or et sel avant tout, même si la traite des esclaves prend une place de plus en plus grande.
L’Empire prospérait grâce au contrôle des précieuses routes transsahariennes.

Pour améliorer les rendements de l’agriculture, Askia Mohammed ordonne des travaux d’irrigation le long du Niger et fait venir des jardiniers juifs du Touat. Des commerçants tripolitains s’installent à Tombouctou et à Gao. Les musulmans dans les villes ont continué à servir d’intermédiaire dans le commerce de l’or rentable avec les États Akan.
La seconde différence est l’importance croissante des européens, et notamment des Portugais, dans les échanges commerciaux. Le fleuve Gambie devient donc une voie commerciale importante qui commence lentement à détourner le trafic transsaharien.
Sous le règne d’Askia Mohammed, l’Empire Songhoy devient une terre de civilisation enviée. Il comporte d’illustres centres intellectuels et religieux comme Tombouctou et Gao et entretient des relations commerciales et culturelles avec l’Afrique du Nord, l’Europe et le Moyen-Orient.


Comme pour son lointain prédécesseur le Ghâna, ce fut le contrôle des routes commerciales et des ressources du désert qui fut à l’origine de la chute du Songhaï.
En effet, à la fin du XVIème, l’Empire est confronté à plusieurs troubles dont les querelles intestines entre les princes, l’abandon progressif des routes caravanières au détriment des routes maritimes, les incursions des Marocains qui finissent par envahir une bonne partie de l’Empire en 1591 à l’issue de la bataille de Tondibi.
Ce fut donc à la fin du règne de l’Askia Mohammed I en 1528 que le Songhay commença à décliner. Devenu presque aveugle il est déposé par son fils Moussa en 1529. Les courts règnes des quatre fils qui lui ont succédé ont été marqués par des luttes dynastiques. L’Askia Moussa entraîna une série de guerres civiles, de dilapidations et de débauches, de massacres odieux et d’inutiles expéditions militaires qui désolèrent le Songhaï et ruinèrent peu à peu le magnifique édifice élevé par le premier Askia.
Ses successeurs s’employèrent à maintenir par les armes l’unité de l’empire et à lutter contre les attaques des Marocains.
L’Askia Daoud, qui régna de 1549 à 1583, essaya de réformer les habitudes de tyrannie sanguinaire et de folles dépenses qui avaient été introduites à la Cour depuis l’accession au trône de son frère Moussa.
Il rétablit une ère de paix, redonna de l’essor à l’agriculture, encouragea la science et l’étude, sut se ménager l’amitié du sultan du Maroc, Abou Abbas Ahmedal–Mansour (est le sixième sultan de la dynastie saadienne de 1578 à 1603, surnommé Ad–Dhahbî « le doré » en arabe, nous expliquerons la signification de ce surnom par la suite).
Néanmoins, après la fin de son règne en 1583, la convoitise des souverains de la dynastie Saadide, qui avait restauré la puissance marocaine, fut telle, que ces derniers s’emparèrent des mines de sel cruciales de Songhaï.
Dès son avènement en 1578, le sultan Ahmed Ad–Dhahbî avait obtenu de l’Askia Daoud, moyennant 10 000 dinars d’or, le privilège d’exploiter les salines de l’Empire pendant un an. Le profit qu’il en retira fut tel qu’il résolut de s’en rendre maître définitivement.
A la mort de Daoud, le sultan lança une expédition à Teghazza avec une armée de 20 000 hommes. Cette incursion créa de grosses pertes humaines pour ses troupes qui souffrirent de la famine. En 1585, il fit occuper les salines par 200 fusiliers qui, ne pouvant s’y nourrir, retournèrent bientôt au Maroc.
Cependant il tenait à son projet et était même devenu plus ambitieux il ne convoitait plus seulement le sel du Sahara, mais aussi l’or du Soudan, cet or dont la soi-disant conquête devait lui valoir le surnom sous lequel il est connu (Ad–Dhahbî, signifie en arabe « le doré » ou « le maître de l’or »).
En 1588, après le premier échec militaire, le sultan forma une armée de mercenaires, composée d’Andalous et de Berbères, armés de fusils, conduits en 1590 par un pacha marocain d’origine espagnole Djouder, pour conquérir Tombouctou.
Ces fantassins Andalous reçurent des habitants arabes et arabisés de Tombouctou le surnom de Roumât ou Arma (lanceurs de projectiles, fusiliers) et ce terme est encore aujourd’hui le nom porté, dans cette ville et dans la région, par les membres d’une caste noble qui se dit descendante des guerriers de Djouder.
Lorsque les troupes de Djouder traversèrent le Sahara et arrivèrent sur les bords du Niger en mars 1591, ces derniers écrasèrent l’armée du Songhaï à la bataille de Tondibi. La victoire marocaine est d’abord due à l’avantage des armes à feu et aussi à l’affaiblissement des souverains du Songhaï. L’imposante armée de l’Askia Issihak II (Ishaq II/Ishak Il) qui comptait pourtant 30 000 fantassins et 12 500 cavaliers d’après le Tarikh es-Soudân ou, seulement 9700 fantassins et 18 000 cavaliers d’après le Tarikh el-fettâch, ne put s’opposer aux balles des mercenaires espagnols. La déroute fut totale.

En outre, cette défaite est également due à des conditions économiques défavorables. Les guerres continuelles nuisirent à un commerce déjà gravement affaibli par le détournement vers l’Atlantique du trafic de l’or et des esclaves au profit des Portugais. La défaite de Tondibi marque la fin du Songhaï et le début d’une décadence qui durera trois siècles, les Marocains ayant été incapables de prendre la succession des Askia et s’étant bornés à contrôler Gao et Tombouctou, sous les attaques incessantes des Touaregs, des Peuls et des Bambaras.
L’Askia, abandonné par ses ministres et ses parents, se réfugia au Gourma, où il fut assassiné par les habitants. Djouder entra dans Gao sans rencontrer aucune nouvelle résistance, très peu séduit par cette ville, il alla s’établir à Tombouctou.
Le Songhay devint la province (pachalik) de Tombouctou, dirigée par un pacha, mais seul un territoire restreint fut réellement contrôlé par les Marocains. Le pouvoir appartenait aux descendants des soldats marocains qui nommaient le pacha, mais celui-ci faisait allégeance au sultan du Maroc. Ainsi commença ce qu’on a appelé très improprement la « domination marocaine au Soudan » : d’abord, il n’y eut de domination que sur une petite partie de l’ancien Songhaï, sur la région, riveraine du Niger allant de Djenné à Gao, toute la région dite du Dendi, située en aval, avait conservé son autonomie avec un Askia indépendant à sa tête; ensuite cette domination ne dura guère que 70 ans, au bout desquels l’autorité des pachas était devenue tout à fait nulle en dehors de la ville même de Tombouctou.

Enfin elle ne peut être qualifiée de « marocaine », car, seuls, les pachas des 22 premières années (1591 à 1612) furent, en partie au moins, désignés par le sultan du Maroc ; les ordres de ce dernier ne furent jamais exécutés, même par les premiers pachas, et les impôts levés sur les habitants ne furent jamais expédiés à Marrakech; les autres pachas, qui se succédèrent au nombre de 21 durant 48 ans (1612 à 1660), étaient portés au pouvoir soit par eux-mêmes soit par leurs soldats et étaient comme ceux-ci si peu marocains que la plupart ne comprenaient pas l’arabe et que la langue dont ils usaient entre eux était l’espagnol, ainsi que nous l’apprend la lecture du Tarikh el-fettâch, pour devenir ensuite locuteurs du songhaï.
Les villes commerçantes déclinent et, en 1737, après des décennies de pouvoir illégitime, les Touaregs se substituent aux Marocains et s’installent à Tombouctou. Les royaumes qui se constituent sur les ruines songhaïs s’adonnent principalement aux razzias pour alimenter le trafic des esclaves et contribuent à l’insécurité régionale.

Bibliographie :
Sékéné Mody Cissoko, Tombouctou et l’Empire songhay : épanouissement du Soudan nigérien aux XVe-XVIe siècles, Paris/Montréal, L’Harmattan, 1996.
Hunwick John, Timbuktu & the Songhay Empire: Al-Sa’dis Ta’rikh al-sudan down to 1613 and other Contemporary Documents, BRILL Leiden Boston 2003.
Lady Lugard, Flora Louisa Shaw, « Songhay Under Askia the Great ». A tropical dependency: an outline of the ancient history of the western Sudan with an account of the modern settlement of northern Nigeria, (First published in 1906) Black Classic Press, 1997.
Djibril Tamsir Niane (dir.), Histoire générale de l’Afrique, vol. 4 : L’Afrique du XIIe au XVIe siècle, UNESCO, 2000.
Une réponse à “Empire Songhaï”
Merci pour la leçon d’histoire
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